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Peccadille #3 : Faire du stop

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Le stop fait partie de ma vie depuis que j'ai 12-13 ans. J'habitais en banlieue et souvent je mettais plus d'une heure pour rentrer chez moi en bus depuis Lyon, après mes sorties scoutes, ce qui était très très relou. Et surtout, le bus n'allait pas jusqu'à mon village. Alors, parfois, au lieu de prendre une correspondance ou de me siffler 2kilomètres sous la pluie, je levais le pouce (ou plutôt je me mettais en travers de la route, ça marche vachement mieux pour arrêter les gens). On est loin de l'imaginaire glam des jolies hippies des années 70, je devais sentir le feu de bois, le chien mouillé et la saucisse grillée. Mes parents n'avaient pas forcément le temps de venir nous chercher à nos différentes sorties et cette solution, bien que très occasionnelle, me plaisait. Je faisais attention, je ne montais que dans les voitures de gens qui m'inspiraient confiance. Je n'avais pas de téléphone portable pour prévenir mes parents de toute façon, mais ma mère avait fait du stop toute sa jeunesse et n'y voyait pas d'inconvénient (c'est pas une stressée de la life, et encore moins mon père !)... Je ne suis pas certaine pour autant de laisser ma fille de 13 ans faire ça : autre temps, autre moeurs.

Plus tard, c'est pour mes sorties nocturnes que j'ai continué ce petit sport. Le dernier bus partait à 19h donc à l'aller comme au retour je faisais du stop, sauf quand je dormais sur place. Mes parents m'autorisaient à sortir tant que je voulais, mais je devais me débrouiller pour mes trajets. Je n'avais pas l'argent pour le permis, et encore moins pour un scoot.
Je tombais parfois sur de jeunes working girls, parfois sur des mamies, parfois sur des pères de familles qui avaient peur pour moi et préféraient me prendre de crainte qu'un fou le fasse à leur place, parfois sur des petits jeunes en goguette... Je me suis fait quelques grosses frayeurs, mais n'étant pas d'un naturel anxieux, la plupart du temps ça se passait bien.

Ensuite est arrivée ma relation longue distance avec l'amoureux de mes 20 ans. Entre Lyon et Lille, il y avait vachement de kilomètres et beaucoup d'euros de billet de train. Plusieurs fois j'ai fait le trajet gratuitement, seule ou avec mon petit frère. Ce furent toujours de mémorables affaires nous prenant des plombes, entrecoupées d'envies de meurtre envers certains usagers et de moments de grâce ou nous aurions voulu sauter au cou du gentil camionneur qui nous faisait monter sur sa banquette après 3h d'attente dans le vent glacial.

autostopeuseIl y a eu aussi les vacances et les road trips, avec les uns et les autres. Quand on est plusieurs et que la route sent bon les vacances, le stop prend tout son sens. Je me souviens de ce couple qui a fait un détour d'1/2h pour me déposer chez une amie dans le sud, et est ensuite revenu chez elle pour me rapporter les lunettes de soleil que j'avais laissées sur la banquette arrière... c'est pas TROP SYMPA ça ??? L'Espagne, la Californie, le Nevada... autant de pays que j'ai découverts grâce a ce petit geste tout simple, un pouce brandi en l'air, un grand sourire et des supplications à l'italienne.
Aujourd'hui, j'ai moins l'occasion d'en faire (je suis riche, je peux prendre le OUIGO :D ), mais parfois quand mon bus tarde trop, je fais signe à un parigot dans sa caisse, et c'est rare que malgré son humeur de chien et sa tête de con, il ne me pousse pas jusqu'à mon quartier...


CONSEILS ET ASTUCES

1) Lever le pouce est souvent plus esthétique qu'efficace : la bonne technique consiste à s'avancer sur la route comme pour demander un renseignement, et lorsque le conducteur est sans défense, la vitre baissée et le visage à découvert, lui sourire de toute ses dents en lui demandant s'il va dans votre direction. Imparable !!!!
2) Pour ceux et celles qui on besoin de se sentir en sécurité, il suffit de demander à votre sauveur si vous pouvez prendre en photo sa plaque d'immatriculation et l'envoyer à un proche "par précaution", avant de monter dans sa voiture. Toute personne sensée comprendra votre demande. Par contre si la personne rechigne, fuyez !
3) Il est rare que quelqu'un se rende pile au même endroit que vous. N'indiquez pas votre destination finale, mais une ville entre les deux, il y a plus de chance qu'on vous réponde par l'affirmative. Mieux vaut faire le trajet en plusieurs fois qu'attendre éternellement le Prince Charmant, celui qui vous conduira pile devant la maison de campagne de votre Grand-mère. Ainsi, pour aller de Lourdes à Barcelone puis de Barcelone à La-Roche-sur-Yon, nous avions fait pas moins de 15 panneaux différents !

Et vous, faites-vous parfois du stop ? quel plaisir en tirez-vous ? quelles astuces pourriez-vous donner ? laisseriez-vous vos enfants en faire ?



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